
A l'occasion du passage de l'homme en rouge, je suis rentrée dans ma campagne, retrouver ces gens qui me connaissent, m'amuser des habituels "Je t'ai vue toute petite, rolala, que tu as changée ! Ça te fait quel âge ?", me déguiser en Laura Ingalls (pas en Caroline, je fais pas assez bien les tartes aux pommes) pour me rendre aux écuries ...
Un Noël tout blanc et en famille !! Ce paysage de conte de fées devient bien inquiétant la nuit quand le gel, ayant paralysé les branches, rend chacun de leurs mouvements bruyants. Oui, je suis une grosse trouillarde ...
J'espère que vous avez vous aussi passé un bon Noël, que le gros barbu a été généreux et que tous les excès ont été permis.
dimanche 26 décembre 2010
Joyeux Noël Felix !!!
Made in CHU

Il y a longtemps que je voulais publier cet article mais trop d'hésitations, pas assez de temps ... Noël n'est certainement pas la meilleure période mais peu importe, je me lance !
En novembre 2010, j'entre au CHU de Nancy (prononcez "chu" avec un air désabusé), rubrique Neurologie. Je le voulais, j'en ai rêvé, l'accueil est chaleureux et en quelques minutes, me voilà officiellement interne de neurologie, sur les rails, c'est parti !
Le saut dans le grand bain, si excitant, si effrayant. Vous me demandez comment cela se passe ? La version officielle, celle que je sers avec un sourire qui se veut convainquant : beaucoup de travail mais des médecins très disponibles, de vraies pointures, des cas intéressants voire déroutant (Dr House est un débutant à côté !), une équipe paramédicale charmante et encourageante, des externes à coacher, ce que je voulais faire depuis longtemps, etc ...
Mais côté pile, il y a un rythme de travail effréné, des journées à rallonge restreignant toute vie personnelle. "Je vis à l'hôpital" n'est plus un mythe. Une situation favorisée par notre sous-effectif. Chaque matin se réveiller en n'attendant qu'une chose, le moment où je me recoucherai, une journée de plus sera passée. Et chaque soir, penser qu'il faut remettre ça le lendemain, résignée. Pleurer, parfois, avoir envie d'abandonner, souvent mais continuer, ai-je vraiment le choix ?
Je me souviens de cette remarque anodine à première vue alors que j'avais 11 ans et une envie, être photographe reporter : "mais voyons, tu es intelligente, tu pourrais faire mieux !" Mieux ... mieux ? La génétique enseignée au collège titille ma curiosité, je serai chercheur en génétique. Au lycée, je rencontre un médecin qui me raconte que certains de ses amis chercheurs regrettent de ne pas avoir fait d'études de médecine. Bon d'accord alors, je ne serai pas ingénieur, je ferai médecine. Et puis, les premières années, les premiers stages, les premiers patients et je m'entiche de la neurologie.
Alors, revient une question, parfois : ai-je fait le bon choix ? Chacun se l'est posé une fois au moins, enfin je pense. Mais comment faire demi-tour à présent ? Je suis allée trop loin. Il ne me reste que 3 ans d'internat, pas tout à fait, ce serait trop bête d'abandonner, non ? Et puis, ce n'est pas dans mon caractère, terriblement têtue et pas si courageuse. Alors je continue, m'investissant dans tout ce qui peut me détourner de l'hôpital et tant pis si, parfois, le soir, je verse quelques larmes.
