
Petits commentaires sur ma dernière lecture : Kafka sur le rivage de l'auteur japonais Haruki Murakami. Un livre très étrange... Si vous avez l'intention de le lire, je vous conseille de renoncer à votre attachement à la vraisemblance avant de plonger dans ses pages : ici, on comprend le langage des chats, on parle à une improbable "pierre de l'entrée", il pleut des poissons ou bien des sangsues, etc... C'est en gros la poursuite d'une malédiction à type d'Oedipe évolué, morbide et malsain. Ce livre n'est comparable à aucune de mes précédentes lectures et, je vous mets en garde, je doute qu'il puisse plaire à tout lecteur.
J'ai sélectionné quelques passages qui m'ont plu ou marquée.
¤ Au sujet du mythe d'Aristophane (Le banquet de Platon) : "Autrefois, les être humains ne naissaient pas homme ou femme mais homme/homme, homme/femme ou femme/femme. Autrement dit, il fallait réunir deux personnes d'aujourd'jui pour en faire une seule. Tout le monde était satisafait comme ça, et la vie se déroulait paisiblement. Mais Dieu a pris une épée et a coupé tous les êtres en deux, bien nettement, par le milieu. Résultat : il y a eu des hommes et des femmes, et les gens se sont mis à courir dans tous les sens toute leur vie à la rechercher de leur moitié perdue."
¤ "Des enfants brillants qui, justement à cause de leur compétence, subissent une grande pression de la part des adultes qui les entourent. On leur impose des objectifs toujours plus difficiles à atteindre et souvent, submergés par l'ampleur du travail à accomplir, ces enfants perdent tout spontanéité et tout sentiment de satisfaction. Ils finissent par se fermer et deviennent parfois totalement introvertis. Il faut beaucoup de temps et d'efforts pour ouvrir un coeur ainsi verrouillé."
¤ "Tu connais le dicton : c'est une perte de temps de réfléchir quand on ne sait pas penser?¤ "Si je pouvais éliminer mon existence? Au coeur de cette épaisse muraille végétale, sur ce chemin qui n'en est pas un, j'arrêterais de respirer, j'ensevelirais en silence ma conscience dans les ténèbres, ferais couler jusqu'à la dernière goutte de mon sang obscur imprégné de violence, laisserais pourrir mon patrimoine génétique dans ces sous-bois. Ainsi, je pourrais mettre un terme final à ma bataille. Sinon, je continuerai éternellement à tuer celui qui est mon père, à souiller celle qui est ma mère, à salir celle qui est ma soeur et à détruire jusqu'au monde lui-même."
¤ "Je voudrais que toi, tu te souviennes de moi, dit Mlle Saeki, et elle me regarde dans les yeux. Si tu te souviens de moi, cela m'est égal que tous les autres m'oublient."
Voilà, bonne lecture*

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire