
Il y a longtemps que je voulais publier cet article mais trop d'hésitations, pas assez de temps ... Noël n'est certainement pas la meilleure période mais peu importe, je me lance !
En novembre 2010, j'entre au CHU de Nancy (prononcez "chu" avec un air désabusé), rubrique Neurologie. Je le voulais, j'en ai rêvé, l'accueil est chaleureux et en quelques minutes, me voilà officiellement interne de neurologie, sur les rails, c'est parti !
Le saut dans le grand bain, si excitant, si effrayant. Vous me demandez comment cela se passe ? La version officielle, celle que je sers avec un sourire qui se veut convainquant : beaucoup de travail mais des médecins très disponibles, de vraies pointures, des cas intéressants voire déroutant (Dr House est un débutant à côté !), une équipe paramédicale charmante et encourageante, des externes à coacher, ce que je voulais faire depuis longtemps, etc ...
Mais côté pile, il y a un rythme de travail effréné, des journées à rallonge restreignant toute vie personnelle. "Je vis à l'hôpital" n'est plus un mythe. Une situation favorisée par notre sous-effectif. Chaque matin se réveiller en n'attendant qu'une chose, le moment où je me recoucherai, une journée de plus sera passée. Et chaque soir, penser qu'il faut remettre ça le lendemain, résignée. Pleurer, parfois, avoir envie d'abandonner, souvent mais continuer, ai-je vraiment le choix ?
Je me souviens de cette remarque anodine à première vue alors que j'avais 11 ans et une envie, être photographe reporter : "mais voyons, tu es intelligente, tu pourrais faire mieux !" Mieux ... mieux ? La génétique enseignée au collège titille ma curiosité, je serai chercheur en génétique. Au lycée, je rencontre un médecin qui me raconte que certains de ses amis chercheurs regrettent de ne pas avoir fait d'études de médecine. Bon d'accord alors, je ne serai pas ingénieur, je ferai médecine. Et puis, les premières années, les premiers stages, les premiers patients et je m'entiche de la neurologie.
Alors, revient une question, parfois : ai-je fait le bon choix ? Chacun se l'est posé une fois au moins, enfin je pense. Mais comment faire demi-tour à présent ? Je suis allée trop loin. Il ne me reste que 3 ans d'internat, pas tout à fait, ce serait trop bête d'abandonner, non ? Et puis, ce n'est pas dans mon caractère, terriblement têtue et pas si courageuse. Alors je continue, m'investissant dans tout ce qui peut me détourner de l'hôpital et tant pis si, parfois, le soir, je verse quelques larmes.
dimanche 26 décembre 2010
Made in CHU
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3 commentaires:
Merci ma cousine ! Apportez-moi un divan et je déballe tout :D
J'espère que tout roule pour toi en tout cas
Rooh ! Mais quel boulet, j'ai fait une fausse manip' et j'ai supprimé ton commentaire ... :(
Tout roule pour moi ma biche, faudrait que je vienne te voir pas tard, on mangera de la quiiiiche!
Bisous!!
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