Plongée dans cette nuit lyonnaise largement éclairée par la montée de la grande Côte qui satisfait pleinement mon goût pour le voyeurisme : malgré la résidente du 4ème qui nous houspille, nous nous entassons devant la fenêtre du psy en pleine consultation de sœurs siamoises (un signe ? serions-nous tous à analyser ?), juste en face de la loge de la concierge, cette commère !
Descente jusqu’aux Terreaux, où je m’émerveille devant les jeux de lumières d’un gentil géant : sourire d’enfant et yeux écarquillés, je suis aux anges ! J’y passerai bien la nuit mais les Lumières n’attendent pas.
Déambulation en direction des Jacobins où des poissons à la plastique étonnante volent, courent sur les murs, jouent à cache-cache et s’illuminent. Puis nous nous égarons à Bellecour : 1ère déception, 1er aperçu de la basilique bleutée de Fourvière.
Traversée de la Saône où j’admire l’harmonie bleue, à peine teintée de quelques instants de rouge, de vert de Fourvière et la cathédrale Saint-Jean. A mon arrivée sur la place Saint-Jean, je suis saisie par les couleurs chatoyantes de la façade. Les statues disparues ont repris leur place grâce à la lumière, je parviens même à imaginer (à espérer ?) que l’édifice est naturellement aussi coloré, aussi chaleureux.
Mais il faut songer à poursuivre mon périple, aidée par un verre de vin chaud. Prochain arrêt : la place au Change et une nuée d’insectes agités, grésillant se cognent aux vitres d’une cabine téléphonique, d’une caravane, des lampadaires et de bâtiment de change. Papillons, libellules et autre volants si bruyant sont presque réels, angoissant.
A deux pas, la gare Saint-Paul offre sa façade aux jeux de mots sur le thème du train : de l’Orient Express au Transsibérien, du boute en train au train d’enfer. Un environnement sonore aurait été le bienvenu, rendant l’animation plus vivante, plus accrocheuse.
Je quitte le Vieux Lyon pour un dernier détour par l’église Saint-Nizier, je n’ai décidément pas envie de faire mes adieux au 8 décembre 2008. La lumière suivant son incidence met en évidence les différents éléments de l’église, comme je ne l’avais jamais vue. Mais là encore, cela manque un peu de vie : un peu trop lent, un peu plus hermétique sans déception pour autant.
Il faut songer à rentrer : mon dernier bain de foule et mon dernier vin chaud et aussi une dernière surprise. Le lycée La Martinière a illuminé ses fenêtres en noir et blanc ; décidément difficile à quitter ces Lumières …
Et voilà, l’ascension des pentes, de mes 3 étages, je retrouve mes lumignons éteints sur les fenêtres, il est temps de fermer les yeux, la tête pleine d’étincelles !

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